Quel est le taux de chloration optimal en réseau d’eau potable?

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Quel est le taux de chloration optimal en réseau d’eau potable?

Posté le 9 janvier 2017 par FluksAqua
Posté dans Questions d'exploitation, Taggé bromates, Chlore, distribution eau potable, santé publique, SPC, THM,

Le comparateur FluksAqua sur la gestion de la qualité microbiologique de l’eau potable intègre le taux de chlore libre dans son évaluation : pour les services proches d’un taux de 100% de conformité bactériologique, plus le taux de chlore libre est bas, meilleure est la note.

Nous avons justifié jusqu’ici l’utilisation de ce critère par son impact sur le goût de l’eau potable, avec un enjeu budgétaire pour le consommateur (l’eau en bouteille coûte 100 fois plus cher que l’eau du robinet) et un enjeu environnemental (chaque litre d’eau en bouteille produit génère l’équivalent de 500 grammes de CO2).

Le taux de chlore libre est aussi un enjeu en termes de santé publique, du fait des sous-produits de chloration (SPC). L’Institut de veille sanitaire rappelle ainsi dans une étude publiée en 2009 (1) qu’il existe une incidence épidémiologique entre certains sous-produits de chloration présents dans l’eau potable , tel que les trihalométhanes (THM) et les bromates, et certains cancers chez l’homme (2) (3). Cette étude propose un modèle prédictif pour déduire les taux de THM au robinet à partir notamment du taux de chlore libre en sortie d’usine.  

D’après ces études, la réponse à la question posée en titre est donc que la quantité optimale de chlore libre résiduel en réseau doit être la plus faible possible tout en assurant le respect des limites réglementaires.

L’ARS des Pays de Loire a ainsi publié 12 fiches de préconisations pratiques pour garantir la qualité microbiologique de l’eau potable tout en réduisant la présence de sous-produits de chloration (4). Elle passe notamment par l’élimination de la matière organique et  de l’azote ammoniacal en usine, la densification des points de rechloration et la minimisation des temps de séjour (notamment du fait de stagnation d’eau dans les réservoirs).

FluksAqua est actuellement en train de développer de manière collaborative avec des exploitants une application de suivi de la qualité de l’eau : si le sujet vous intéresse, vous pouvez rejoindre le groupe des utilisateurs pilotes en cliquant ici.

  1. Damien Mouly, Eric Joulin, Christophe Rosin, Pascal Beaudeau, Abdelkrim Zeghnoun, Agnès Olszewski-Ortar, Jean-François Munoz, Les sous-produits de chloration dans l’eau destinée à la consommation humaine en France, février 2009
  2. Villanueva CM, Cantor KP, Cordier S, Jaakkola JJ, King WD, Lynch CF et al. Disinfection by-products and bladder cancer: a pooled analysis. Epidemiology 2004 May;15(3):357-67.
  3. Villanueva CM, Cantor KP, Grimalt JO, Malats N, Silverman D, Tardon A et al. Bladder Cancer and Exposure to Water Disinfection By-Products through Ingestion, Bathing, Showering, and Swimming in Pools. Am J Epidemiol 2007.
  4. ARS Pays de la Loire, Préconisations pour réduire la formation de sous-produits de désinfection dans les unités de production et les réseaux de distribution d’eau destinée à la consommation humaine, décembre 2014
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