La gestion de l’eau au sein des communautés autochtones du Canada

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La gestion de l’eau au sein des communautés autochtones du Canada

Posté le 23 juin 2016 par Equipe Rédaction
Posté dans Eau et assainissement au Canada, Eau potable, Taggé gestion de l'eau,

Le Mois national de l’histoire autochtone est l’occasion de traiter de la gestion de l’eau au sein des communautés autochtones. Au bilan: un aperçu des constats du rapport de l’Évaluation nationale des systèmes d’aqueduc et d’égout dans les collectivités des Premières Nations, rédigé en 2011 pour le compte du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. Suivra un survol du programme de formation itinérante qui permet d’assurer la formation continue des opérateurs de traitement des eaux usées et de réseaux d’approvisionnement en eau des Premières Nations.

Un triste rapport mène à l’adoption d’une loi sur la salubrité de l’eau

Le rapport de l’Évaluation nationale des systèmes d’aqueduc et d’égout dans les collectivités des Premières Nations dressait en 2011 un sombre portrait de la qualité de l’eau potable et du traitement des eaux usées dans les Premières Nations au Canada. Concernant le système d’aqueducs, 1,5 % des habitations sont signalées comme étant dépourvues de service et 71 % sont considérées comme présentant un niveau de risque global de moyen à élevé. Au niveau des égouts, 20 % des systèmes déversent directement les eaux usées sur la surface du sol. Près de la moitié (47 %) des installations septiques individuelles présentent des problèmes d’exploitation et 65 % des systèmes d’épuration des eaux usées inspectées présentent un niveau de risque global de moyen à élevé.

À la lumière de ces statistiques, le gouvernement du Canada a déposé un premier projet de loi (S-11) sur la salubrité de l’eau dans les communautés autochtones, qui a été modifié à la suite de contestations de ces dernières. Le projet de loi S-11 a été taxé de politique archaïque et paternaliste par les Nations, qui souhaitaient et souhaitent encore à ce jour plus d’autonomie et de droits de regard sur la gestion de leur territoire et de ses installations. Ces contestations ont permis de modifier le projet de loi S-11 : de cela est né le projet de loi S-8, qui a été adopté en 2012 et est devenu la Loi sur la salubrité de l’eau potable des Premières Nations. En plus d’autres critiques concernant l’autonomie des Nations, ces dernières ont demandé que du financement accompagne le projet de loi S-8 afin d’offrir aux communautés une eau potable salubre et une saine gestion des eaux usées. Quatre ans plus tard, le gouvernement du Canada a prévu, dans son budget 2016, l’octroi de 1,8 milliard de dollars sur cinq ans afin de construire et d’entretenir les installations d’eau potable et d’eaux usées au sein des communautés autochtones et ainsi mettre fin aux avis de faire bouillir l’eau de longue durée.

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Des formateurs itinérants pour améliorer la salubrité de l’eau

Le ministère des Affaires autochtones et du Nord finance également le Programme de formation itinérante à la hauteur de 10 millions de dollars annuellement. Il s’agit d’un programme conjoint avec Santé Canada dont le but est d’offrir une meilleure qualité de vie dans les communautés par un meilleur accès à l’eau potable et une gestion efficace des eaux usées. Cela passe par des formateurs itinérants qui assurent une formation continue et un service de mentorat aux opérateurs des systèmes d’eau et d’eaux usées accrédités dans les réserves. Santé Canada et le ministère des Affaires autochtones et du Nord font le pari que des opérateurs mieux formés jumelés à un meilleur accompagnement auront un impact positif sur la salubrité de l’eau et donc, sur la santé publique. Ces ministères souhaitent également que la présence de formateurs itinérants permette d’accroître le nombre d’opérateurs et par le fait même, la qualité de l’eau. Le nombre d’opérateurs a en effet augmenté. En 2011, l’Évaluation nationale établissait que des opérateurs accrédités géraient 51 % des systèmes d’eau alors qu’en 2012, ce pourcentage atteignait 60,1%. Concernant les systèmes d’eaux usées : en 2011, les opérateurs possédant l’accréditation appropriée géraient 42 % des installations alors qu’un plus tard, ce nombre passait à 53,9%. En 2012, le réseau canadien comptait 66 formateurs.

La gestion de l’eau au sein des communautés autochtones : lectures suggérées

Comité sénatorial permanent des peuples autochtones au sujet du projet de loi S-11, Assemblée des Premières Nations (2011)

http://www.afn.ca/fr/nouvelles-et-medias/affaires-courantes/comite-senatorial-permanent-des-peuples-autochtones-au-sujet-du-projet-de-loi-s-11-loi-sur-la-salubrite-de-leau-potable…

Évaluation nationale des systèmes d’aqueduc et d’égout dans les collectivités des Premières Nations – Rapport de synthèse national (ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, 2011)

http://www.aadnc-aandc.gc.ca/fra/1313770257504/1313770328745

La place des Autochtones dans la gouvernance des parcs de l’Arctique canadien : de la cogestion à la « cojuridiction ». Thibault Martin. Nouvelles pratiques sociales vol. 27, no 1, 2014, p. 78-98. https://crcgatuqo.wordpress.com/2014/08/11/la-place-des-autochtones-dans-la-gouvernance-des-parcs-du-circumpolaire/

L’implication des Premières Nations du Québec dans la gestion intégrée de l’eau par bassin versant. (Félix-Antoine D. Tarte, 2015) https://www.usherbrooke.ca/environnement/fileadmin/sites/environnement/documents/Essais_2015/Tarte_Felix_Antoine_D_MENV_2015.pdf

Rapport du groupe d’experts sur la salubrité de l’eau potable dans les collectivités des Premières Nations : http://publications.gc.ca/collections/Collection/R2-445-2006F1.pdf

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