Infographie Auvergne Rhone Alpes : l’eau de la montagne est-elle toujours aussi pure?

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Infographie Auvergne Rhone Alpes : l’eau de la montagne est-elle toujours aussi pure?

Posté le 30 novembre 2016 par FluksAqua
Posté dans Cas pratiques, Taggé Auvergne, débat, infographie, qualité microbiologique, Rhone-Alpes, Savoie,

Les résultats de l’infographie se caractérisent par une très grande disparité de situation. La note moyenne de la région (3,8/5)  est certes  supérieure à la moyenne nationale (3,6/5), et le département du Rhône a le meilleur score à l’échelle nationale (4,7/5), si on exclut le cas très particulier de Paris. Mais le département de la Savoie présente le plus bas score de la métropole, avec une note de 2,4/5.

Ces résultats ont suscité des réactions très vives dans les départements de montagne, et nous sommes heureux d’ouvrir ici le débat entre exploitants, que nous invitons à prolonger sur ce blog.


gastroCertaines collectivités ont mis avant le fait que la méthodologie de notation par groupe de pairs peut conduire à mettre une note comparable à deux collectivités ayant des taux de conformité très différents. En réalité, cette approche
favorise les départements de montagne, qui sont plutôt ruraux. Il suffit pour s’en convaincre de revenir aux chiffres bruts : en 2015, il n’y a eu que 5 analyses sur 2918 montrant la présence de coliformes fécaux  ou d’entérocoques dans l’eau du robinet pour la totalité du département du Rhône, contre 420 sur 4653 pour le département de la Savoie. La probabilité de boire une eau susceptible de donner une gastro-entérite est donc plus de 50 fois supérieure en Savoie à celle du Rhône. Notre méthode de notation par groupe de pairs atténue cet écart : elle tient compte du fait que la gestion de la qualité microbiologique est objectivement beaucoup plus difficile en zone rurale qu’en zone urbaine, du fait du linéaire de réseau à surveiller par abonné.

D’autres ont avancé que le taux de conformité n’avait finalement pas vraiment d’importance pour les consommateurs, en tout cas bien moins d’importance que le montant de leur facture d’eau : après tout, nos ancêtres buvaient de l’eau non traitée. Certes, mais au début du vingtième siècle, ils vivaient en moyenne deux fois moins longtemps que nous*. L’amélioration de la qualité de l’eau potable est le premier facteur d’amélioration de la santé publique : c’est un combat majeur pour l’Organisation Mondiale de la Santé. Et il s’agit dans la région d’un vrai sujet d’actualité, comme l’a rappelé l’épidémie de gastro-entérites à Vif dans l’Isère**.

Avançons une hypothèse pour ouvrir le débat : l’écart constaté entre les départements de montagne et de plaine vient d’une différence de perception de la ressource. Les montagnards ont connu un environnement naturel préservé, où l’eau était gratuite, abondante et de très grande qualité, tandis que les habitants des plaines ont depuis longtemps à vivre avec une ressource naturelle dégradée. Malheureusement, les choses ont beaucoup évolué depuis une cinquantaine d’années : en montagne aussi la ressource peut désormais être dégradée par les multiples activités humaines, tel que les sports d’hivers, le tourisme d’été et l’élevage.

Les services d’eau potable de montagne sont aujourd’hui à la croisée des chemins : soit se résoudre à augmenter le taux de chlore dans leur eau, soit, s’ils veulent conserver une eau au goût inaltéré, investir dans les meilleures pratiques en terme de pilotage de la qualité de l’eau .

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