Détection de fuites : Pourquoi le suivi des réseaux par secteur est plus efficace

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Détection de fuites : Pourquoi le suivi des réseaux par secteur est plus efficace

Posté le 1 novembre 2017 par Equipe Rédaction
Posté dans Cas pratiques, Eau potable, Innovation, Questions d’exploitation,

Cet article oppose deux pratiques courantes d’exploitation pour le suivi de ses débits et volumes en réseau et démontre pourquoi le suivi par secteur est plus performant.

Il est très souvent plus simple et moins coûteux de prime abord de réaliser un suivi de ses réseaux en ne suivant que les informations obtenues directement des compteurs, en général les débits minimums et volumes passés aux compteurs.

Prenons l’exemple du réseau ci-dessous, composé de 3 secteurs de distribution (Secteurs 1, 2 et 3) alimentés chacun par un compteur (C1, C2, C3).

L’exploitant qui suit ses réseaux par compteur va s’appuyer sur sa connaissance des réseaux pour définir des seuils par compteur :

 

Compteur débit min seuil
(m3/h)
volume jour seuil
(m3/j)
C1
(Secteurs 1+2+3)
14 1100
C2
(Secteur 2)
4 490
C3
(Secteur 3)
3 175

 

Il est ensuite relativement simple de mettre en place une extraction quotidienne des données brutes de ses compteurs et d’en déduire un tableau de ce type :

Suivi quotidien des réseaux par compteur :

Compteur débit min observé
(m3/h)
débit min seuil
(m3/h)
volume jour observé
(m3/j)
volume jour seuil
(m3/j)
C1 13,8 14 1042,5 1100
C2 2,5 4 430 490
C3 1,7 3 126,8 175

D’après ce tableau, tout semble aller pour le mieux, aucun seuil n’est dépassé donc la bonne performance des réseaux semble assurée…

Pourtant par calcul réduisons le périmètre d’observation au Secteur 1: C1 – C2 – C3.

Les seuils pour le Secteur 1 sont régis par cette équation donc:

débit min seuil = 14 – 4 – 3 = 7 m3/h

volume jour seuil = 1100 – 490 – 175 = 435 m3/j

 

débit min observé
(m3/h)
débit min seuil
(m3/h)
volume jour observé
(m3/j)
volume jour seuil
(m3/j)
Secteur 1

(C1 – C2 – C3)

9*

 

7

(14 – 4 – 3)

485,7

(1042,5-430-126,8)

435

(1100 – 490 – 175)

* Voir courbe verte ci-dessous.

 

On détecte cette fois une fuite de 2m3/h et un volume journalier excédentaire de 50m3/j !

Illustration des débits observés sur les 3 compteurs et du débit mis en distribution sur le Secteur 1

 

 

Comment expliquer cela ?

C’est en fait très simple: en suivant compteur par compteur, les secteurs 2 et 3 ayant de bonnes performances, compensent la dégradation en cours sur le secteur 1.

Le suivi qui consiste à attribuer des seuils compteur par compteur simplifie un peu trop les choses et de ce fait vu depuis le compteur C1, la fuite est restée complètement invisible!

 

Pourquoi tant d’exploitants continuent de suivre leurs réseaux uniquement par le suivi de leurs compteurs ?

Certainement parce que c’est moins complexe et plus rapide à mettre en oeuvre par les méthodes traditionnelles.

En effet réaliser le calcul par secteur avec un SCADA classique demande au contraire des heures de programmation pour mettre en forme les données brutes de chaque compteur à des pas de temps homogènes et définir les équations de secteurs dans le SCADA. Ces opérations demandent souvent une maîtrise avancée du SCADA dont ce n’est pas la fonction première.

 

Pourquoi basculer vers un suivi  par secteur ?

Comme on l’a vu, le suivi par secteur est plus précis. Dans le cas ci-dessus, le volume de fuite de 50m3/j nous emmène très vite à 5000 m3 au bout de 100 jours… voire plus tant que la fuite reste non détectée.

Le coût marginal de l’eau mise en distribution est bien sûr variable suivant les réseaux, mais de tels volumes finissent généralement par coûter des milliers d’euros à l’exploitant.

Il devient dès lors intéressant de réaliser des bilans par secteur malgré le surcoût induit.

Jusqu’à présent la solution la plus répandue pour cela a été de programmer les secteurs dans le SCADA. Cette opération souvent réalisée par un consultant externe est coûteuse en temps de mise en oeuvre initiale. Elle doit être répétée partiellement à chaque mise à jour de secteurs.

De nouvelles générations de solutions dédiées au métier de l’eau ont également fait leur apparition, comme l’application détection des fuites de FluksAqua. Basée sur un abonnement annuel, elle s’adresse à des exploitants sans connaissance spécifique en informatique. Elle permet de créer et mettre à jour ses secteurs très facilement et réalise automatiquement toutes les étapes de traitement des données du terrain pour assurer le suivi par secteur.

Quelque soit la solution que vous retenez, le coût en sera certainement moins élevé que les gains réalisés sur les volumes d’eau perdue, et vous apportera immédiatement une meilleure connaissance et compréhension de vos réseaux.

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A propos de l'auteur

L'équipe de rédaction FluksAqua est à l'affût des dernières nouvelles dans le domaine de l'eau et partage des articles relatant de l'actualité pour les opérateurs.